mercredi 27 juin 2012

La Bible chante et danse


La Bible n’est pas silencieuse ! A chacun de ses tours et de ses détours on y entend d’innombrables instruments, des chants religieux et profanes, des musiques bienfaisantes et maléfiques. Parfois ils résonnent au sein de grands ensembles qui, comme pour l’inauguration du temple de Salomon, réunissent des centaines de musiciens et de chanteurs ‘professionnels’. Parfois ils s’élèvent dans la plus grande simplicité, comme ce dernier chant du Christ et de ses apôtres dans la nuit de Jérusalem à la veille de la Passion.

La musique arrive très tôt dans l’histoire de l’humanité ; Dieu révèle à Job qu’elle a existé avant même que l’homme soit créé : “Où étais-tu quand je posais les fondations du monde... Quand les étoiles du matin éclataient en chants d'allégresse ?” (Job 38:4,7). Et déjà la Bible nous laisse entrevoir que la musique est bien autre chose qu’une simple ornementation de l’univers : elle est la voix de la création qui exprime son bonheur et loue son créateur. Dans la Bible, on joue de la musique, on chante et on danse d’abord pour louer Dieu, de tout son cœur et de tout son corps.

Alors il ne faut pas s’étonner que la Genèse place la musique parmi les trois premières activités humaines – et donc les plus fondamentales : Lamek, descendant de Caïn, a trois fils : entre Yabal l’éleveur et Toubal-Caïn le forgeron - qui sont les pères de l'agriculture et de l'industrie - Youbal est « l'ancêtre de tous ceux qui jouent de la lyre et du chalumeau » ! (Genèse 4:20-22) !

Joies et deuils, vendanges et moissons, mais aussi guerres et batailles : les chants et la musique rythment la vie quotidienne des Hébreux. Après le passage de la mer Rouge, « Moïse et les Israélites chantèrent pour Yahvé le chant que voici : Je chante pour Yahvé car il s'est couvert de gloire, il a jeté à la mer cheval et cavalier. Yah est ma force et mon chant, à lui je dois mon salut. » (Exode 15 1-2). Et tandis que Moïse chante, sa soeur Myriam entraîne toutes les femmes au son du tambourin : la musique devient communion entre les hommes et Dieu ; et Dieu est dans le chant, Dieu est le chant qui unit.

C’est avec David, le jeune berger devenu roi, que l’on trouve la plus éclatante révélation d’une relation privilégiée à Dieu à travers la musique. David jouait de la lyre en gardant ses moutons ; il est le chantre par excellence : il invente des instruments, il écrit des psaumes que l’on accompagne à la harpe et par lesquels le croyant confie ses joies mais aussi ses souffrances, ses supplications : « Alléluia! Louez Dieu en son sanctuaire (…). Louez-le par l'éclat du cor, louez-le par la harpe et la cithare, louez-le par la danse et le tambour, louez-le par les cordes et les flûtes, louez-le par les cymbales sonores, louez-le par les cymbales triomphantes! Que tout ce qui respire loue Yahvé! Alléluia ! » (Psaume 150).

Car ce que la Bible nous révèle c‘est que par le chant, la musique et la danse, notre être tout entier dit ‘oui’ et s’abandonne à l’amour de Dieu. Ainsi à l’annonce de son enfantement Marie chante son ‘oui’ plein de confiance et d’amour: « Mon âme exalte le Seigneur et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur. » (Luc 1:46-47). C’est aussi par un chant que le Christ, au moment d’entrer dans sa Passion, dit ‘oui’ au don total de sa personne : « Après le chant des psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers. » (Matt. 26:30).

Alors l’exhortation de Paul (Ephésiens 5:19) s’adresse bien à tous les hommes de ce temps : « Chantez et célébrez le Seigneur de tout votre cœur » pour que, en communion les uns avec les autres, nos voix se joignent à celle du Christ ressuscité et que retentisse au cœur de notre monde un cantique nouveau !

Publié dans le numéro de juin 2012 de Vieilles Rues Jeune Cité, le trimestriel des paroisses du centre ville d'Angers

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