La Bible n’est pas
silencieuse ! A chacun de ses tours et de ses détours on y entend d’innombrables
instruments, des chants religieux et profanes, des musiques bienfaisantes
et maléfiques. Parfois ils résonnent au sein de grands ensembles qui, comme
pour l’inauguration du temple de Salomon, réunissent des centaines de musiciens
et de chanteurs ‘professionnels’. Parfois ils s’élèvent dans la plus grande
simplicité, comme ce dernier chant du Christ et de ses apôtres dans la nuit de
Jérusalem à la veille de la Passion.
La musique arrive très tôt dans l’histoire de l’humanité ; Dieu
révèle à Job qu’elle a existé avant même que l’homme soit créé : “Où
étais-tu quand je posais les fondations du monde... Quand les étoiles du matin
éclataient en chants d'allégresse ?” (Job 38:4,7). Et déjà la Bible nous laisse
entrevoir que la musique est bien autre chose qu’une simple ornementation de
l’univers : elle est la voix de la création qui exprime son bonheur et loue
son créateur. Dans la Bible, on joue de la musique, on chante et on danse
d’abord pour louer Dieu, de tout son cœur et de tout son corps.
Alors il ne faut pas s’étonner que la Genèse place la musique parmi les
trois premières activités humaines – et donc les plus fondamentales : Lamek,
descendant de Caïn, a trois fils : entre Yabal l’éleveur et Toubal-Caïn le
forgeron - qui sont les pères de l'agriculture et de l'industrie - Youbal est «
l'ancêtre de tous ceux qui jouent de la lyre et du chalumeau » ! (Genèse
4:20-22) !
Joies et deuils, vendanges et moissons, mais aussi guerres et
batailles : les chants et la musique rythment la vie quotidienne des
Hébreux. Après le passage de la mer Rouge, « Moïse et les Israélites
chantèrent pour Yahvé le chant que voici : Je chante pour Yahvé car il s'est
couvert de gloire, il a jeté à la mer cheval et cavalier. Yah est ma force et
mon chant, à lui je dois mon salut. » (Exode 15 1-2). Et tandis que Moïse
chante, sa soeur Myriam entraîne toutes les femmes au son du tambourin : la
musique devient communion entre les hommes et Dieu ; et Dieu est dans le
chant, Dieu est le chant qui unit.
C’est avec David, le jeune berger devenu roi, que l’on trouve la plus
éclatante révélation d’une relation privilégiée à Dieu à travers la musique. David
jouait de la lyre en gardant ses moutons ; il est le chantre par
excellence : il invente des instruments, il écrit des psaumes que l’on
accompagne à la harpe et par lesquels le croyant confie ses joies mais aussi
ses souffrances, ses supplications : « Alléluia! Louez Dieu en son
sanctuaire (…). Louez-le par l'éclat du cor, louez-le par la harpe et la
cithare, louez-le par la danse et le tambour, louez-le par les cordes et les
flûtes, louez-le par les cymbales sonores, louez-le par les cymbales
triomphantes! Que tout ce qui respire loue Yahvé! Alléluia ! » (Psaume 150).
Car ce que la Bible nous révèle c‘est que par le chant, la musique et
la danse, notre être tout entier dit ‘oui’ et s’abandonne à l’amour de Dieu. Ainsi
à l’annonce de son enfantement Marie chante son ‘oui’ plein de confiance et
d’amour: « Mon âme exalte le Seigneur et mon esprit tressaille de joie en
Dieu mon Sauveur. » (Luc 1:46-47). C’est aussi par un chant que le
Christ, au moment d’entrer dans sa Passion, dit ‘oui’ au don total de sa
personne : « Après le chant des psaumes, ils partirent pour le mont des
Oliviers. » (Matt. 26:30).
Alors l’exhortation de Paul (Ephésiens 5:19) s’adresse bien à tous les
hommes de ce temps : « Chantez et célébrez le Seigneur de tout votre
cœur » pour que, en communion les uns avec les autres, nos voix se
joignent à celle du Christ ressuscité et que retentisse au cœur de notre monde
un cantique nouveau !
Publié dans le numéro de juin 2012 de Vieilles Rues Jeune Cité, le trimestriel des paroisses du centre ville d'Angers
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire