les traites comme nous qui sommes fourbus après toute une journée de travail, et par cette chaleur ! »A l’un deux, le maître rétorque : « Ami, en quoi t’ai-je lésé ? Nous étions bien d’accord pour un denier, non ? Prends ton dû et rentre chez toi. Au dernier arrivé, je veux donner autant qu’à toi. N’ai-je pas le droit de faire ce que je veux avec ce qui m’appartient ? Ou est-ce ton cœur qui tourne en mal ma bonté ? » Mt 20-8,15
La jalousie est un poison.
En biaisant les analyses et les comportements elle nuit à l’efficacité de l’entreprise, laquelle repose d’abord sur une appréhension claire des situations, tant internes qu’externes. Lovée bien au chaud au cœur des calculs politiques et des manœuvres, elle fausse les relations entre les membres d’une équipe, d’un département, voire entre équipes. Elle suscite parfois même des comportement dangereux : coups bas, petites phrases en apparence anodines et en réalité assassines.
Quand le succès des autres devient source de frustration
Et puis elle nous ronge lorsque nous l’éprouvons. Elle nous fait souffrir, elle nous éloigne des autres, elle nous prive du bonheur de partager leurs joies. Elle fausse nos relations avec ceux que nous envions. Elle entretient les tensions, l’inconfort, là où devrait régner la confiance et la franchise.
Il y a bien sûr la jalousie d’une personne à l’égard d’une autre : sentiment d’injustice à la suite de l’attribution d’une promotion, d’une mission, d’une récompense, d’un salaire – à l’image des récriminations des ouvriers de la première heure de la parabole ; jalousie de la réussite d’autrui, quand bien même cette réussite sert l’ensemble de l’entreprise et de ceux qui la composent et y travaillent ; jalousie de l’attention dont un autre semble bénéficier.
Il y a aussi la jalousie entre équipes, quand le succès d’une équipe n’est plus source d’émulation pour les autres, mais source de frustration.

Chacun d’entre nous renvoyé à ses responsabilités
La jalousie est une pente facile. Dans le monde de l’entreprise où la compétition et la concurrence sont des moteurs utilisés en permanence, elle est facile à déclencher et à alimenter, et je crois que le management, par son comportement, joue un rôle important. Parfois bien malgré lui ! Ainsi cette société que j’ai bien connue et dans laquelle les stock-options étaient distribuées exclusivement à une petite minorité de dirigeants, sans que jamais personne s’en plaigne ; mû par des intentions louables, le management décida de changer ces pratiques… et déclencha une multitude de frustrations et de jalousies en distribuant une nouvelle tranche de stock-options à tous les employés ! La répartition avait été réalisée sur la base de critères de responsabilité, d’ancienneté, de mérite. Plutôt que de se réjouir de recevoir cette opportunité supplémentaire de bénéficier des fruits de leur travail, beaucoup se préoccupèrent surtout de comparer ce qu’ils avaient reçu et en conçurent plus de frustration que de satisfaction.
Et surtout ce texte renvoie chacun d’entre nous à ses responsabilités : Ami, en quoi t’ai-je lésé ? Nous étions bien d’accord pour un denier, non ? Prends ton dû et rentre chez toi. Combattre la jalousie qui veille tapie au fond de mon cœur, c’est d’abord faire l’effort d’être honnête vis-à-vis de moi-même : au fond, qu’est-ce que j’attends de mon travail ? Et suis-je récompensé en fonction de ce que j’attends et de ce que je donne ? Et non pas d’évaluer ma satisfaction à l’aune de ce que j’ai et que les autres n’ont pas, ou de ce que les autres ont et que je n’ai pas.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire